Aller au contenu principal

COVID-19 : quelles sont les meilleures mesures pour contrer le décrochage scolaire?

La pandémie de la COVID-19 a été particulièrement marquante pour les élèves de 4e et de 5e secondaire. Une recherche menée par la professeure Martine Poirier va évaluer comment celles et ceux qui étaient à risque de décrochage ont perçu les mesures mises de l’avant pour la poursuite de leur scolarité.

Des mesures éducatives comme l’enseignement hybride (présentiel et à distance) et l’interruption prolongée de la scolarité inhérente à la fermeture des écoles au printemps 2020 et aux vacances estivales ont eu un impact sur l’engagement, la motivation et la persévérance scolaire des élèves de 4e et de 5e secondaire. Le projet de recherche dirigé par la professeure Poirier vise à sonder la perception de ces élèves à l’égard desdites mesures. Près de 550 élèves de 4e et de 5e secondaire du Bas-Saint-Laurent seront recrutés afin de remplir un questionnaire en ligne.  En outre, deux groupes de 10 élèves seront formés pour réaliser des entrevues.

« Nous savons que la fermeture des écoles a entraîné une baisse de motivation chez près de 80 % des élèves et que l’interruption estivale est liée à la baisse du rendement. Puisque le faible rendement et la baisse de motivation sont liés à un risque plus élevé de décrochage scolaire, il est probable que les mesures éducatives mises en place contribuent aussi à l’augmentation du risque. Ces effets pourraient être observés chez les élèves déjà à risque de décrochage, mais aussi chez des élèves non à risque, mais vulnérables aux changements entraînés par la pandémie », explique la professeure Martine Poirier.

L’étude sera menée avec une équipe formée de Caroline E. Temcheff (Université McGill), de Gabrielle Garon-Carrier (Université de Sherbrooke) et de Mélanie Tremblay (COSMOSS Bas-Saint-Laurent). L’organisme COSMOSS Bas-Saint-Laurent et le Centre de services scolaires des Phares sont partenaires du projet qui a reçu un financement de 25 000 $ du programme « Subventions d’engagement partenarial – COVID-19 Initiative spéciale individuelle » du Conseil de recherches en sciences du humaines du Canada (CRSH).

Le décrochage scolaire est souvent associé à des conséquences négatives pour les élèves, dont la criminalité, les problèmes de santé mentale et la pauvreté, poursuit la professeure Poirier. « Afin de prévenir ces conséquences, il est important de connaître les profils d’élèves à risque de décrochage, les facteurs de protection comme la capacité à s’adapter positivement malgré l’adversité et les ressources qui favorisent la persévérance scolaire en contexte de pandémie. Ces connaissances sont essentielles pour cibler les actions à privilégier et intervenir rapidement auprès des élèves à risque de décrochage. » Selon des données du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de 2020, le taux de décrochage chez les garçons est de 19,1 % et de 11,8 % chez les filles au Québec.

Les résultats de l’études seront particulièrement importants pour orienter les actions de COSMOSS Bas-Saint-Laurent, qui regroupe 200 organismes soutenant le développement des jeunes de la région. « Le projet de recherche contribuera aussi à l’avancement des connaissances en testant pour la première fois un modèle issu de la théorie des parcours de vie pour comprendre le décrochage, tout en tenant compte des facteurs de risque reconnus du décrochage scolaire et des différences possibles entre les garçons et les filles », précise la professeure en sciences de l’éducation.

Le projet de recherche se déroulera jusqu’au mois de décembre 2021. L’étude permettra d’identifier auprès de garçons et de filles de 4e et de 5e secondaire des profils d’élèves les plus susceptibles de subir les effets négatifs des mesures éducatives prises pour assurer la scolarité en contexte de pandémie. Elle permettra aussi d’identifier des facteurs de protection et des ressources permettant de favoriser la persévérance scolaire de ces élèves.

Les différences associées au sexe des élèves seront évaluées dans le cadre du projet, conclut la professeure Poirier. « À terme, ce projet identifiera les groupes d’élèves les plus à risque de décrochage scolaire dans le contexte de la pandémie de la COVID-19. Il fournira des informations sur les facteurs de protection à cibler dans l’intervention et les ressources à privilégier pour diminuer ce risque. COSMOSS Bas-Saint-Laurent utilisera ces connaissances pour bonifier les services offerts aux élèves à risque de décrochage scolaire en contexte de pandémie et mieux soutenir leur persévérance. » 

Source :
Service des communications
UQAR, 18 mars 2021

Toutes les actualités de l'Université du Québec à Rimouski >>>

Copyright © 2015  –  Université du Québec  –  Tous droits réservés  –  

Mise à jour: