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Des investissements de la Fondation canadienne pour l’innovation

Illustration: Getty images

2022-01-17

Trois infrastructures de recherche seront subventionnées dans le cadre du Fonds des leaders John-R.-Evans.

La Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) a dévoilé, le 12 janvier, un investissement de plus de 9,5 millions de dollars en infrastructures de recherche afin d'appuyer 43 chaires de recherche du Canada (CRC) dans 19 institutions. Trois projets de l’UQAM ont reçu des subventions dans le cadre de ce programme dont les montants sont octroyés par l’entremise du Fonds des leaders John-R.-Evans. Ces projets sont menés par Jorge Flores-Aranda, professeur à l’École de travail social, Marie-France Marin, professeure au Département de psychologie, et Malika Oubaha, professeure au Département des sciences biologiques.

La somme totale des investissements pour ces infrastructures, qui comprend la contribution du ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI) du Québec (équivalente à celle versée par la FCI) et des fonds octroyés par divers partenaires, s’élève à 1 790 018 dollars pour l’UQAM.

Le Fonds des leaders John-R.-Evans aide les universités à recruter et à maintenir en poste les meilleurs talents de la recherche des quatre coins du monde en leur offrant l’infrastructure hautement spécialisée dont ils ont besoin pour être des leaders dans leur domaine. 

Chaire de recherche du Canada sur les personnes de la diversité sexuelle et de genre et leurs trajectoires de consommation de substances psychoactives – Plateforme TRADIS

Chercheur: Jorge Flores-Aranda (travail social)

Montant total du projet: 513 133 $
205 253 $ FCI
205 253 $ MEI
102 627 $ diverses contributions

Le but de cette infrastructure, qui soutient le projet de Chaire de recherche du Canada TRADIS – trajectoires, diversité, substances, est d'implanter et d'évaluer une plateforme numérique d’intervention psychosociale destinée aux personnes de la diversité sexuelle et de genre (DSG) qui consomment des substances psychoactives (SPA). Cette plateforme virtuelle sera composée de deux modules. Le premier module vise les interventions fondées sur des données provenant des projets de la Chaire TRADIS. La plateforme offrira aux personnes de la DSG des fonctionnalités sophistiquées pour la détection de la consommation problématique de SPA et des informations sur les enjeux qui peuvent en découler. Les personnes utilisatrices pourront bénéficier, en ligne, d’interventions brèves et ponctuelles ou d’interventions s’échelonnant sur plusieurs séances. Le second module vise la mise sur pied d’activités interactives avec des professionnels de la santé et du milieu communautaire. Il permettra d’évaluer les meilleures pratiques d’intervention auprès des personnes de la DSG et mettra à la disposition des professionnels et des chercheurs des outils adaptés, découlant des données collectées, notamment, à l’aide du premier module. L’analyse et l’interprétation de ces données optimiseront la portée et l’efficacité des interventions basées sur une méthodologie anti-oppressive et de réduction des méfaits. 

Le projet permettra de développer des recherches interventionnelles de pointe, indispensables aux décideurs dans la mise en place de services adéquats en dépendance pour les personnes de la DSG et éventuellement d'autres populations. Les données concernant l’implantation et les effets des interventions pourront ainsi se traduire, à terme, par l’élaboration de politiques publiques permettant des interventions mieux ciblées auprès des personnes de la DSG qui consomment des SPA, contribuant ainsi à améliorer leur état de santé. 

Chaire de recherche du Canada sur la modulation hormonale des fonctions cognitives et émotionnelles – Laboratoire Hormones, cognition & émotions

 

Chercheuse: Marie-France Marin (psychologie)

Montant total du projet : 638 729 $
255 491 $ FCI
255 491 $ MEI
127 747 $ diverses contributions

L’aménagement du Laboratoire Hormones, Cognition & Émotions sera divisé en trois salles d'expérimentation, une salle contrôle et une salle d'analyses et de vidéoconférence. Les salles d'expérimentation permettront principalement l'administration de tâches cognitives, d'une tâche de stress psychosocial et de protocoles d'apprentissage de la peur. Les données collectées seront multimodales, ce qui inclut l'utilisation de la psychophysiologie, de l'oculométrie ainsi que l'acquisition de données comportementales et hormonales. Pour ce faire, différents logiciels, équipements informatiques et équipements spécialisés seront mis à profit.

Le laboratoire rendra possible la réalisation de travaux novateurs sur l'impact modulateur des hormones de stress et sexuelles sur les fonctions cognitives et émotionnelles. Il représentera un levier considérable pour attirer des étudiantes et étudiants et leur fournir une formation unique en psychoneuroendocrinologie. Le projet permettra également de générer de nombreuses connaissances scientifiques qui auront une portée au-delà du laboratoire. En effet, mieux comprendre comment le stress peut affecter la performance de mémoire (par exemple, lors d'examens académiques) ou encore le récit et le rappel d'un évènement hautement émotif est essentiel dans plusieurs milieux de travail. De plus, les travaux permettront de mieux comprendre l'influence des hormones sexuelles et de la prise de contraceptifs hormonaux sur les corrélats physiologiques et neuronaux de la peur. Ainsi, la recherche pourra bénéficier aux milieux de la santé, de l'éducation, policier et juridique.

Chaire de recherche du Canada sur la sénescence et développement vasculaire

Chercheuse : Malika Oubaha (sciences biologiques)

Montant total du projet : 638 156 $
255 242 $ FCI
255 242 $ MEI
127 672 $ diverses contributions

Ce projet repose sur une avancée majeure dans le domaine du vieillissement associé aux maladies oculaires. En effet, Malika Oubaha a récemment découvert dans la rétine humaine et de souris des cellules sénescentes (qui vieillissent prématurément) produisant une série de facteurs qui contribuent à la revascularisation. Ses travaux ont aussi montré des signes de sénescence prématurée dans les vaisseaux sanguins oculaires du fœtus, appelés hyaloïdes, qui régressent pour être remplacés par des vaisseaux sanguins rétiniens matures. Fait intéressant, ces hyaloïdes sénescents d'origine artérielle peuvent perdre leur identité d'origine et acquérir une identité veineuse. Le pourquoi et le comment de cette participation de la sénescence développementale au changement d'identité artério-veineuse pendant le développement vasculaire de l’œil restent cependant sans réponse.

Dans ce contexte, l’actuel programme de recherche de Malika Oubaha vise principalement à 1) décrypter les mécanismes qui régulent la sénescence associée aux vaisseaux fœtaux de la rétine en développement et 2) déterminer en quoi ce processus influence la plasticité vasculaire, nécessaire pour l’homéostasie tissulaire. Ces travaux vérifieront l’hypothèse générale voulant que la sénescence dans les vaisseaux hyaloïdes fœtaux soit nécessaire au remodelage vasculaire de l’œil. Un défaut dans ce processus cellulaire conduirait à des rétinopathies vasculaires. 

La recherche proposée à l’aide des appareils subventionnés dans le cadre de ce projet aidera donc à mieux comprendre les rétinopathies vasculaires et autres maladies oculaires affectant la vision et pourrait mener à la découverte de nouvelles cibles thérapeutiques. À l'échelle mondiale, 2,2 milliards de personnes vivent avec des maladies oculaires, dont 206 000 Québécois qui souffrent d'une perte de vision légère à très sévère. Selon l’Organisation mondiale de la santé, ce chiffre risque de doubler au cours des 25 prochaines années.

La découverte de nouvelles cibles thérapeutiques améliorera directement la santé des personnes atteintes de pathologies oculaires. En effet, la thérapie anti-VEGF ainsi que les autres thérapies invasives (la photocoagulation au laser ou la vitrectomie, par exemple) présentement utilisées peuvent provoquer des effets secondaires sévères, tels que cataracte, infection, hémorragie du vitré ou décollement de la rétine. Ultimement, les travaux de Malika Oubaha permettront de complémenter ou même de remplacer ces approches thérapeutiques par des interventions au stade précoce des maladies et ce, autant pour des maladies oculaires rares que communes. 

Les infrastructures de ce programme de recherche permettront finalement d’offrir une formation de pointe à un personnel hautement qualifié en recherche biomédicale, plus spécifiquement dans le domaine de la vision. 

Source :
Service des communications
UQAM, 13 janvier 2022

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Mise à jour: 28 septembre 2023