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Une équipe de l’UQAR se penche sur les risques côtiers dans le Haut-Arctique

Spécialiste de la dynamique et des risques littoraux, le professeur en géographie David Didier dirige une recherche sur les risques côtiers touchant la communauté de Grise Fiord, au Nunavut. Un projet qui permet la rencontre des savoirs traditionnels de cette population du Haut-Arctique et des savoirs scientifiques.

Le village de Grise Fiord est situé au sud de l’Île d’Ellesmere. Signifiant « lieu qui ne dégèle jamais » en inuktitut, il compte une population d’environ 130 personnes. « C’est la première fois qu’une équipe en géographie de l’UQAR réalise un programme de recherche en géomorphologie et en études des risques côtiers dans le Haut-Arctique. Les membres de la communauté sont impliqués activement et de près dans nos travaux », indique le professeur Didier.

Financé par Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada, le projet de recherche vise à réaliser une évaluation des risques côtiers pour la communauté de Grise Fiord. Il rassemble une équipe multidisciplinaire à laquelle prennent part l’Association des Trappeurs et Chasseurs IVIQ (HTO), le Hamlet de Grise Fiord, Alexandre Normandeau et Jordan Eamer (Commission géologique du Canada – Atlantique), Stéphanie Coulombe (Savoir polaire Canada), François Noël (Commission géologique de Norvège), Mathieu Belisle (Laboratoire de dynamique et de gestion intégrée des zones côtières de l’UQAR) et Antoine Boisson (Université Laval et UQAR).

« En raison de la diminution du couvert de glace, la communauté de Grise Fiord est davantage confrontée à des risques côtiers pendant les tempêtes, qui engendrent des dommages plus fréquemment. La période d’eau libre ne s’étend que sur 2 mois chaque année, mais cette période s’allonge. Ainsi, à mesure que le climat change dans le Haut-Arctique, des stratégies d’adaptation sont nécessaires pour permettre à la communauté de s’adapter et de minimiser les dommages à leurs infrastructures, dont les routes », explique le professeur Didier.

Le président de l’Association des Trappeurs et Chasseurs IVIQ, Amon Akeeagok, observe depuis plus de dix ans que les vagues ont davantage d’amplitude à Grise Fiord. « Certaines zones de la route principale se trouvent à moins de 20 pieds du rivage et sont submergées et réparées chaque année. Et nos maisons sont à moins de 100 pieds du rivage. Certaines personnes construisent des protections improvisés contre les vagues à partir de vieilles caisses en bois remplies de roches, afin que leur cabane et leurs biens ne soient pas emportés ou détruits par les vagues. »

Amorcé à l’automne dernier, ce projet de recherche sera mené jusqu’en septembre 2022. « Notre équipe va établir une première évaluation quantitative des aléas côtiers. Grâce à l’implication des membres de la communauté, nous réalisons une analyse de l’évolution du littoral au cours des dernières décennies et une cartographie des zones de submersion côtière pour mieux prévenir et s’adapter aux risques côtiers futurs », mentionne le professeur Didier.

Des données seront récoltées à Grise Fiord au courant de l’été. Des équipements seront déployés afin de mesurer les vagues et des levés topographiques par drone seront effectués. Le projet est financé à la hauteur de 256 000 $ par le gouvernement fédéral.

Source :
Service des communications
UQAR, 11 mai 2021

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