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Une nouvelle Chaire de recherche du Canada à l’ÉTS

C’est connu : l’activité humaine est la grande responsable des changements climatiques. De nombreux États, dont le Québec et le Canada, se sont engagés à réduire les émissions des gaz à effets de serre (GES). Or, les outils qui permettent actuellement de les calculer sont imparfaits, imprécis, en plus de nécessiter des ressources et du temps. Par conséquent, les données qui en sont issues sont souvent publiées avec du retard, sont peu comprises par le grand public, sans compter qu’elles ne tiennent pas compte de la variation de GES qui peut être émis au cours d’une période donnée, dans un secteur géographique précis.

Annie Levasseur, professeure-chercheuse au Département de génie de la construction de l’École de technologie supérieure (ÉTS), compte se pencher sur ce problème, grâce notamment aux travaux qu’elle dirigera dans le cadre de la nouvelle Chaire de recherche du Canada sur la mesure de l’impact des activités humaines sur les changements climatiques.

Pour la nouvelle titulaire, qui compte à son actif plusieurs projets et collaborations dans le domaine environnemental, il est important de tenir compte de la dimension spatio-temporelle des émissions de GES pour avoir un meilleur aperçu du problème et de sa solution!

À l’heure actuelle, dans le transport terrestre, par exemple, la quantité de carburant vendue au cours de l’année sur un territoire donné est multipliée par les émissions de GES attribuables à la combustion d’un litre de carburant. Ces données ne permettent pas d’étudier l’effet d’autres facteurs sur les émissions, comme l’incidence des conditions météorologiques ou du développement de corridors de transport actif sur les habitudes de transport.

« En combinant les sources de données habituellement utilisées pour calculer les émissions de GES – c’est-à-dire les facteurs d’émission –, à des données de géolocalisation ou de celles découlant d’enquêtes origine-destination, par exemple, nous pourrions savoir à quel moment de la journée ou de la saison les GES émis par les transports sont les plus importants dans tel ou tel quartier montréalais », illustre la professeure.

Cette cartographie des émissions de GES permettrait d’adapter les plans d’action de réduction des GES en misant sur les actions ayant les plus grandes retombées dans un contexte précis. De plus, une telle carte constituerait un outil de visualisation intéressant pour montrer au grand public l’impact de ses activités et, par le fait même, engager davantage les citoyens à lutter contre les changements climatiques.

Par ailleurs, cette cartographie éviterait de « pelleter » le problème des GES dans la cour du voisin, car il serait possible d’intégrer dans le nouvel inventaire les émissions dites indirectes, celles qui sont liées à la production des carburants et des matériaux importés. « Une approche par cycle de vie sera mise en place afin de tenir compte des GES qui sont produits à l’extérieur du territoire étudié », explique la professeure Levasseur.

Pour y arriver, elle compte notamment améliorer la combinaison des données et des modèles qui seront utilisés pour dresser l’inventaire des GES secteur par secteur. Elle intégrera à ces données les émissions de méthane, lesquelles sont très souvent ignorées ou grossièrement estimées même si elles représentent une part importante des polluants émis dans l’atmosphère.

Annie Levasseur souhaite aussi créer des outils de modélisation avancés en vue d’évaluer les stratégies mises en place pour atténuer les changements climatiques à l’échelle provinciale et nationale. Ces outils seront obtenus par le développement et la combinaison de différents modèles permettant d’intégrer des phénomènes souvent ignorés, tels que les effets de marché pouvant mener à des fuites de carbone vers d’autres secteurs ou les variations découlant de l’utilisation des territoires.

« Par exemple, la combinaison de différents modèles est essentielle afin d’évaluer le potentiel d’atténuation des changements climatiques du secteur forestier. Afin de développer des stratégies optimales, il faut tenir compte des stocks de carbone de la forêt, des variations de l’albédo du couvert forestier, du cycle de vie des produits forestiers, du cycle de vie des produits substitués et tout cela, avec une approche prospective », explique la professeure Levasseur.

Ces projets suscitent beaucoup d’intérêt dans le milieu scientifique, car ils permettront aux autorités publiques de se doter d’outils capables de développer et de mesurer l’effet des mesures déployées pour réduire les émissions de GES.

Source :
Service des communications
ÉTS, 26 janvier 2021

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