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Décontaminer l'eau qui s’écoule des mines abandonnées du Yukon

2016-09-15

Tout ce dont vous avez besoin pour décontaminer l'eau qui s’écoule des anciennes mines du Yukon, c'est de la bière. Ou de la mélasse. En fait, n’importe quelle matière organique peut faire l’affaire : copeaux de bois, tourbe, paille, etc. Ça semble presque trop facile. Mais comment la bière peut-elle aider à éliminer les métaux tels le plomb, le cadmium, le zinc, le cuivre ou l'arsenic de l'eau? Semblable à la reconstitution d'un cube de sucre préalablement dissous dans une tasse de café, des bactéries réductrices de sulfates (SRB) se nourrissent du carbone contenu dans la matière organique et transforment le métal dissous dans l'eau en un état solide.  Voyons-y d'un peu plus près...

Deux chercheurs du Yukon Research Centre ont testé une variété de sources de carbone pour traiter l'eau contaminée des mines d’un peu partout sur le territoire. « Nous savons que ces bactéries sont très efficaces, elles sont comme une armée de petits soldats qui travaillent pour nous », indique Amélie Janin (Ph. D. en sciences de l'eau, INRS, 2009), la responsable du projet pilote. Notre but est de comprendre dans quelles conditions ces bactéries sont les plus performantes et de quels aliments elles ont besoin. »

La recherche est basée sur une technique existante utilisée depuis une quinzaine d’années dans l'industrie minière. Quand Amélie a débuté son travail avec le doctorant Guillaume Nielsen il y a deux ans, la faisabilité d'un tel projet au Yukon avait été peu étudiée. Guillaume, c'est son « protégé ». Il a réalisé ses études doctorales à l'INRS dans le même domaine, sous sa supervision ainsi que celle des professeurs Jean-François Blais et Guy Mercier.

Les deux chercheurs sont passés avec succès de la phase laboratoire, avec de petites quantités, à la phase pilote de mise à l’échelle permettant de traiter 200 litres d'eau contaminée à la fois. Les résultats sont prometteurs, mais il reste beaucoup de travail à faire avant la mise en œuvre sur le terrain.

Des enjeux majeurs pour le Yukon

Les sociétés minières comptent actuellement sur la chaux pour traiter l'eau contaminée des mines. Mais le coût des produits chimiques et du matériel, qui doivent être acheminés sur de grandes distances, s’ajoute aux exigences en matière de personnel. De grandes quantités de boues toxiques sont donc conservées derrière des barrages, nécessitant une surveillance constante pour prévenir les accidents comme le déversement de boues toxiques survenu en 2014 à la mine Mount Polley en Colombie-Britannique. 

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Source :
Jean-Daniel Bourgault
INRS, 13 septembre 2016

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Mise à jour: 16 mars 2023