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L’UQTR : une naissance espérée et préparée de longue date

2019-01-21
11 septembre 1956. Début à Trois-Rivières des cours de la première année de sciences affiliée à l’Université Laval. Dix-neuf élèves se sont inscrits dans cette classe. Sur la photo, Louis-Jules Lamy, bachelier du Séminaire St-Joseph et Roger Paquet, diplômé de l’Académie de la Salle, s’enregistrent en présence de l’abbé Réal Mercier, assistant du procureur et de Mgr André Ouellet, supérieur du Séminaire Saint-Joseph. (Source: Archives de l’UQTR)

L'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) ouvre ses portes en septembre 1969. Tandis que les jeunes qui y commencent leur formation universitaire célèbrent l’inauguration de l’établissement comme l’avènement d’une ère nouvelle, les plus anciens y voient plutôt un aboutissement et même une conquête. Car à son premier jour, la nouvelle UQTR a déjà une longue histoire.

Les débuts de l’enseignement universitaire en Mauricie et au Centre-du-Québec

Le premier enseignement universitaire en Mauricie est dispensé en 1930. Initiative du Technical Institute1 de Shawinigan, la « treizième » année scientifique, offerte en anglais, conduit directement à la deuxième année du programme de sciences de l’Université McGill. Rapidement, les francophones deviennent majoritaires dans cette 13e année, qui est une voie plus courte et moins chère vers l’université que le collège classique. Si bien que les frères de l’Instruction chrétienne décident en 1943 de proposer une formation semblable dans leur école secondaire de l’Immaculée-Conception. La commission scolaire de Shawinigan est d’accord pour financer cette année supplémentaire. Cependant, ce n’est qu’en 1948 que l’Université Laval finit par reconnaître celle-ci comme première année du programme de sa Faculté des sciences.

Or, après la Deuxième Guerre mondiale, une véritable aspiration à l’éducation supérieure commence à pénétrer les milieux canadiens-français. Même s’il est possible de bien gagner sa vie dans les usines, plusieurs parents souhaitent désormais pour leurs fils, et dans certains cas pour leurs filles, une carrière dans les professions libérales ou dans les nouvelles professions qui émergent alors en grand nombre dans tous les secteurs de l’économie. Les entreprises elles-mêmes ont besoin d’employés détenant un diplôme universitaire. Plusieurs commissions scolaires, ainsi que des établissements privés tenus par des frères, se mettent à allonger leurs divers programmes d’une année et demandent à faire reconnaître celle-ci comme « première universitaire ». Quelques collèges classiques font de même : ils mettent sur pied des formations passerelles entre la 12e année et certaines facultés en espérant les faire reconnaître. Mais les universités refusent net. Si les jeunes Mauriciens et Centricois veulent poursuivre leurs études, ils n’ont qu’à déménager à Montréal, à Québec ou à Sherbrooke et à recommencer leur première année ! Les universités se justifient en invoquant leur manque de ressources. 

Cette crispation n’empêche pas le Québec de bouger toujours plus rapidement. Sous les pressions conjuguées du baby-boom et des besoins de l’économie, l’enseignement secondaire public est réformé profondément en 1956 en vue, notamment, de faciliter le passage à l’enseignement supérieur. Les universités n’ont plus le choix. Cette année-là, l’Académie De La Salle de Trois-Rivières obtient l’autorisation de dispenser les deux premières années du programme de la Faculté de commerce de l’Université Laval, le Séminaire Saint-Joseph peut offrir la première année de sa Faculté des sciences, l’hôpital Saint-Joseph devient hôpital universitaire et commence à recevoir les résidents de sa Faculté de médecine.

Les universités elles-mêmes s’agrandissent. L’Université Laval, notamment, qui étouffe dans ses murs du Vieux-Québec, déménage en 1959 dans un campus tout neuf à Sainte-Foy. On comptait 7 000 jeunes dans les universités francophones en 1945, cela monte à 11 439 en 1960. Mais ceux-ci ne représentent encore que 2,9 % des francophones de leur âge, alors que 11 % des anglophones du même âge fréquentent l’université cette année-là. Il faut que le rattrapage s’accélère.

Pour y arriver, les milieux d’influence dans les régions demandent l’ouverture de facultés affiliées. La Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie, la Jeune Chambre de commerce, le Séminaire Saint-Joseph, Le Nouvelliste, le maire Laurent Paradis de Trois-Rivières et Maurice Bellemare, le coloré député de Champlain, unissent leurs voix en ce sens en 1955. L’École supérieure d’assistance sociale fondée en 1958 par Mgr Georges-Léon Pelletier, l’évêque de Trois-Rivières, est d’ailleurs affiliée à l’Université d’Ottawa en 1960. Mais les universités québécoises rejettent catégoriquement cette option. Au plus, se résolvent-elles à regret à reconnaître un plus grand nombre de formations dispensées dans les établissements de niveau secondaire. C’est ainsi que le Séminaire Saint-Joseph et l’école de l’Immaculée-Conception peuvent enseigner la deuxième année de la Faculté des sciences de Laval à partir de 1960 et 1962 respectivement ; en 1964, les deux années supérieures en sciences sont du reste détachées de cette école, et reprises pour former le tronc commun des programmes du nouveau Collège universitaire scientifique de Shawinigan. Après 1960, le gouvernement du Québec finance d’ailleurs volontiers les initiatives de ce genre. 

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Source : 
Lucie Ferretti
UQTR, 14 janvier 2019

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Mise à jour: 23 mars 2023